Où-est-charlie?

Partir, au gré du vent, là où l'appel de quelques amis se fait sentir, porté par ceux restés. Partir, voir le monde, découvrir, sentir, chanter, rire, jouer, aimer, être seul parfois. Partir, souffler, ouvrir. Retrouver l'essentiel...

18 février 2008

BAMAKO

100_0543Beaucoup de choses depuis le départ de la casamance au début du mois : des kilometres, des paysages, l'accueil en familles... et puis la rencontre avec Bamako. J'aimerais vous en racontez plus, il y a de nombreuses lignes de grattées sur mon nouveau carnet (les filles, le votre est finit) mais l'envie et le temps de se poser des heures devant un ordinateur font défaut. En attendant, je vous laisse découvrir quelques images grâce aux nouvelles technologies possédées par mes compagnons de voyage espagnols.

C'est parti, tout droit!

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Bamako, je ne m'attendais pas à la trouver si grande, si mouvementée. Sa circulation est hallucinante, le nombre de deux roues impressionnant.

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Les vendeuses sont présentes dans toute la ville. Il s'agit ici des alentours du marché principal, particulièrement dense!

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Joakim au sommet du point G, dominant Bamako.

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Et oui, l'appétit est au rendez vous, n'est-ce pas Ricard? En preuve, allez voir le lien des amis barcelonais, qui veulent descendre avec leur 4x4 jusqu'au Cap Horn : www.marxem2008.blogspot.com

Mais pour l'instant nous prenons la route du Pays Dogons et de Tombouctou .

A l'aventure 100_0639!

L'époque des mangues commence petit à petit, bientôt le temps des cerises?

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27 janvier 2008

Retour anonce

J ai appris ces derniers jours que mon frangin et sa copine, Xavier et Adelaide se marient cet ete. Je serais donc de retour, sans doute vers fin juin, pour venir tirer les oreilles du monde hexagonal : les jeunes maries, la famille, les amis, les theatreux... Cette idee m a ramene beacoup de souvenirs familiaux ces derniers jours, notre enfance, nos vacances... Xavier, le plus ages de nous trois, dont nous regardions ses evolutions dans un monde different du notre, sans toujours le comprendre. Les batailles d enfants, le college, les bombers, les scooters, les nouvelles coupes de cheveux, puis le surf, la quete de la vague et les excursions en velo, la musique, la guitare, les premieres copines ...

Pendant ce temps, au siege de l association Diana Banco, les vaches viennent manges nos plants pendant la nuit, les termites rapliquent sous nos paillages et balayent nos bonnes intentions. Nos connaissances viennent d un autre continent, nous l oublions parfois. Mieux vaut chercher a comprendre les raisons des methodes d ici. Marketa voit le renouvellement de son visa compromis par la corruption des fonctionnaires qui demandent des sommes importantes. Passer par la case administration coute cher : depot de statut d association, permis de construction, passeport, visa... Marketa devra peut etre rentre en europe et faire de l argent. Le projet se heurte chaque jour a la realite. Mais l energie reste, les contacts se font avec les agriculteurs des alentours, bien interesses, et les reseaux africains. Cette semaine, je m occupe du jardin et des clotures pendant qu Ibou et Marketa deale avec l administration. Puis je partirais sur la route rejoindre celle de Serge de l association www.villages-dogons.org et de la guina qui s y fete fin fevrier.

apluch

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19 janvier 2008

Babé Casamance

J'arrive donc à Diannah Bolong. C'est beau tranquille, on y entend la mer. La cuisine et le restaurant se dressent face à une petite brousse et quelques palmiers dans lesquels jouent les singes les plus matinaux. De l'autre côté, l'océan. J'y cours, le temps et les sensations sont semblables à celles de l'été en France. L'océan et la plage y sont similaires, cela me rappelle mes vacances d'été en Gironde, la famille, les gouters sur la plage, le gout du chocolat après le salé de la mer. Mais la populace ici est bien moins importante, seules quelques vaches sont présentes pour admirer le coucher de soleil avec moi. Le lendemain Malik me montre mon travail. Je tire l'eau et je sens mon dos, mon esprit se reconnecte au corps et mon corps à l'environnement. Nous arrosons les jeunes manguiers et orangers. Une petite heure plus tard, le travail est ... finit pour ce matin, déjà. Retour à 18h, avant le coucher du soleil pour rafraichir les salades. A ma grande surprise il y a peu de travaux agricoles. La ferme que je pensais trouver s'est peu à peu convertie en un campement d'accueil de groupes de touristes suédois venus prendre des cours de danse et de percussion. Une voisine, Gaëlle (encore une bretonne!), devenue Fatoumata me l'explique. Elle était volontaire ici il y a 3 ans de cela, puis s'est mariée et a acheté un terrain. Mais il y a du bon, beaucoup de musiciens et de danseurs sont présents sur le campement pour assurer et accompagner les cours. C'est un environnement artistique, nous jouns, chantons, dansons, tentons de mélanger la guitare à la cora. Je partage le quotidien de ces travailleurs et de ces artistes, je file un coup de main à la cuisine, je partage leur plat, je vis avec eux et je m'immisce dans la culture Sénégalaise, les vrais et faux semblants de la Terranga, de la culture Rasta, de l'ouverture et de l'intérêt. Une autre volontaire arrive et nous nous retrouvons autour du feu, à ouvrir la danse pour la soirée de départ des Suédois. Martina est danseuse à Amsterdam. Elle a connue l'endroit par Marketa, une amie qui devrait arriver d'ici peu. Et Marketa et son mari Ibou sont les "gérants" du jardins. Ils arrivent et tout change. ON m'explique qu'il y a désormais deux projets : Dianah Bolong, l'accueil de touristes et Boullfalle, un projet agricole d'autosuffisance alimentaire, peut-être de commercialisation... Tout s'explique. Depuis mardi dernier, nous nous occupons sérieusement du jardin et cela fait plaisir! Nous sauvons quelques plants d'aubergines, préparons des semis de tomates, repiquons des tomates, paillons les arbres, préparons du compost. Martina et MArketa ont une énergie folle. Marketa chante et danse à chaque intant, heureuse de pouvoir enfin oeuvrer pour son projet. Notre séance quotidienne et nocturne de Yoga sur la plage nous permet de refaire le plein d'énergie.Nous commençons d'or et déja à parler de l'avenir du lieu. Ibou cherche des olutions au casse-tête financier de la ferme. La construction de la maison a mangé tout son argent. Martina va bientôt rentrer et chercher à voir ce qu'elle pourra faire d'Amsterdam : envoyer des outils, faire un spectacle de danse de soutien pour envoyer l'argent nécéssaire à l'achevement de la construction du puit. De mon côté, j'amène quelques idées pour le jardin, je donne les contacts des différents réseaux qui pourraient nous aider. Je devrais ma lancer dans la confection d'une structure tutorale pour les tomates, similaire à celle en place à Cana Dulce (la ferme espagnole ou j'étais en novembre). Nous allons écrire un projet pour le lieu afin d'avoir peut-être des subventions pour finir de construire le puit, acheter des outils, offrir une formation Ibou. La dynamique est lancée... Je vais continuer ma route d'ici la fin du mois et partir pour la Mali, et suivre le projet comme je pourrais. Babé Casamance (Nous sommes en Casamance)

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05 janvier 2008

Silence Radio

Je suis arrivé ce midi à Zinguichor. Et enfin, je vais pouvoir poser mon sac quelques temps dans une ferme à Diana Bolong, près de Kafountine. N'esperez pas avoir de mes nouvelles les quinze prochains jours, l'accès à internet ne parvient pas dans ce petit paradis.

En attendant portez vous bien, portez vos voeux!

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02 janvier 2008

Nouakchott - Atar - Ouadane - Chinguetti - Nouakchott - St Louis

Après être arrivés à Nouakchott avec Jean-Pierre et Inès, chacun cherche et prend sa direction. Il faut quitter le confort et la sécurité du groupe. Est-ce que je suis Inès, Flovio et Wilfried au Sénégal ? Ou bien je visite le pays où je me trouve, quit à être seul? Ce serait dommage de juste traverser...

Je pars dans l'adrar pour y faire une rando dans le désert de Ouadane à Chinguetti. Six jours dans le desert avec Ahmed Val et Sraouil, notre chameau blanc, un peu rochon. AhmedVal parle peu français, nous communiquons comme nous pouvons, nous nous apprenons des mots et nos sentiments sortent parfois par des chants. Le désert est magnifique. C'est un beau moment, intemporel. Mais je chope une belle crève que je traine encore (et oui, les nuits sont fraîches, le vent souffle, le sable vole...)

Puis le temps de rentrer, de se soigner, de trouver des conducteurs qui déscendent et qui peuvent me prendre : ce sera Alain et Daniel, des amis suisses. Et Zou. Me voilà à Saint Louis depuis hier. Pour passer la frontière nous longeons le fleuve Sénégal et c'est magnifique : de l'eau et des roseaux ou se nichent flamands rose, pélicans, phacochères... voilà pour ce que j'arrive à identifier... Quelques heures plus tôt, des dunes blanches et oranges s'entremélaient encore sous nos yeux...

Saint Louis transpire le début d'une afrique noire mais avec sa propre histoire et son propre contexte : proche de la mer et du fleuve, les cultures sont riches et variés, la pêche a une place importante (même si les chalutiers chinois ratissent au large et rendent les prises des pêcheurs sénégalais bien moins importantes) et le tourisme y est fortement développé avec de nombreux hotels, notamment de luxe. Les enfants et la misère sont encore dans la rue... 

Je pars en fin de semaine pour la Casamance (au sud de la Gambie) et me poser un peu dans une ferme, cela va faire du bien! A + dans le bus

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14 décembre 2007

Rencontre avec le désert

mardi 11 et mercredi 12 décembre

Je me promène dans Ifni avec ma guitare. Un coiffeur m’interpelle, nous nous mettons à jouer dans son salon. Un client s’impatiente, finit par se faire coiffer mais l’ami connaisseur des classiques des années hippies a l’oreille attentive, et le ciseau distrait… Le petit retraité de la manche, assis sur son fauteuil, me semble un peu inquiet. J’essaye de la détendre avec quelques chansons libertaires, pas sûr que ça le mette d’avantage à l’aise mais cette petite provocation me plait bien. Je prends mon pied à jouer mes classiques : Rue de Paname, La fiancée de l’eau… Jean-Pierre revient du cyber, en route !

Nous prenons la route de Guelmin. Ses habitants disent que c’est la porte du désert. Nous peinons à sortir de la ville. Nous fuyons même avant d’être poursuivis par des vendeurs de thé et de chameaux à qui nous avions demandé des renseignements. Direction TanTan, encore faut-il trouvé la route…

Nous sortons de Guelmin. Les montagnes s’affaissent brutalement et laissent place à de grandes plaines. Les sommets qui subsistent sont comme balayés par le vent, « pelés » selon Jean-Pierre. Le vent y laisse ses traces. Il dessine contours et lits comme le ferait une eau ruisselante, ici absente.  Les montagnes deviennent dunes…

Quelques arbustes tiennent encore le paysage. La terre est tellement sèche. J’ai l’impression qu’elle pourrait partir en fumer si je soufflais dessus. Ce n’est pas encore du sable, mais plus vraiment de la terre.

« Bienvenue sur la lune »

Une fois passé Tan-Tan, Nous prenons la route de Smara. Il n’y a plus de volumes à l’horizon, drôle de sensation. Le regard n’a plus d’accroche où se poser. La bétaillère fracasse l’air qui bourdonne dans nos oreilles. Le soleil tape sur les vitres puis chauffe nos peaux. Nous avalons les kilomètres. En silence, nous attendons. Tel un vaisseau qui traverserait l’espace, au cœur du néant, le bolide traverse le désert. Le paysage, la route, tout est rectiligne. Même le soleil ne semble plus bouger, les nuages sont immobilisés. Et pourtant nous avançons. Nous approchons de Smara. Avant d’y entrer nous apercevons sur les bas côtés, du sable, pour la première fois.

Depuis Ifni, il y a une rupture dans nos relations. Celles-ci sont plus fréquemment sincères, désintéressées. Elles ne sont plus pourries par le tourisme. Au cœur de pays où la misère fait rage, comment ne pas considérer un blanc capable de venir ici pour un temps souvent très court, comme un billet sur pattes ? Le tourisme, nous l’entendons souvent est brandit, comme un moteur de développement. Or à mon sens, il n’est pas une solution pour l’autonomie et la souveraineté des peuples. Au contraire, il crée encore plus de servitude à l’égard d’un élément extérieur. Certes, il génère de l’argent mais qui –si il ne tombe pas dans les mains de compagnies étrangères- ne permet pas les bases d’une construction solide et indépendante, que ce soit au niveau agraire et culturel par exemple.

Ici, lors des rencontres, les yeux brillent, attirés par ce que nous pouvons partager. Ils brûlent de curiosité pour la rencontre de l’autre et la différence de son point de vue.  Ils s’impatientent pour de la sympathie.

Esmara est une ancienne aire de repos pour les nomades. Lorsqu’un homme me dit qu’elle est la capitale spirituelle du Sahara, je n’en comprends pas la raison. Maintenant, il me paraît évident que l’hospitalité du voyageur est encore présente dans la chair de ses habitants. A l’époque, le désert ne signifiait que passage, et donc accueil des passagers. Cette passion du mouvement, du voyage et le respect du voyageur semblent subsister.

Le lendemain, de Smara à Boujdour, le Sahara souffle. Il couvre la route d’un léger voile de sable et ferme l’horizon en levant un brouillard.

Les traces de l’Homme, réduites à la route et aux pilonnes électrique, sont bien maigres. La nature nous fait comprendre que selon son désir, elle pourrait reprendre ses droits.

Des villes comme Boujdour ressemblent à un regroupement nécessaire face à l’hostilité du désert. La mer, le vent, le sable et la pluie enclavent les Hommes. Si il y a un roi, c‘est bien lui, et il nous fait comprendre les frontières de son royaume.

Prochain épisode : la ville fantôme.

Aujourd'hui, nous avons passé la frontière avec une nouvelle co-équipière, Inès, qui a pris place dans la bétaillère. Après une dizaine de contrôle de passeport aux postes de police, de gendarme et aux douanes marocaines et mauritanienne, nous voilà, de "l'autre côté". Metissage complet au sein de Nouadhibou entre Maure et Sénégalais. On sent que l'Afrique noire n'est pas loin. Demain nous avons prévu une distribution de jouets musicale en matinée afin de partir pour Nouakchott dans l'après-midi.

Salam

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13 décembre 2007

Dakhla

Un petit mot rapide pour vous dire que finalement, nous sommes ce soir à Dakhla. Nous avons dû rebrousser chemin au milieu du sahara. Nous pensions trouver une ville (Aoussar), qui n'était finalement... qu'un projet de ville. Une belle ville fantôme dont le camp militaire, interdit aux civils, est bien plus important. De quoi assurer une présence et une facade marocaine au sein du sahara où le polisario (les sahraouies) continue à revendiquer son indépendance. Nous avons heureusement pu acheter un peu d'essence en contrebande pour faire demi-tour, mais pas de quoi nous préparer à notre traversée de frontière en plein désert...

Encouragé par vos derniers messages, j'ai pas mal écrit ces derniers jours. La rencontre avec le désert est quelque chose... Mais voilà, le soir je suis souvent bien crevé. J'espère pouvoir honorer ma promesse de vous faire partager ces moments d'ici peu. Pour l'instant, contentez vous de ces lignes, eh! Jean-Pierre actualise régulièrement son blog, notamment avec des photos, vous pourrez nous y voir.

Demain, nous prenons la route de Nouadhibou. A nous la Mauritanie!

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10 décembre 2007

C'est pas celui de ta mère!!!

Pour mon anniversaire, je vous offre un extrait de mon journal, que j'ai écrit ce matin à 10h, sur une bien jolie route entre Marrakech et Anza (Agadir). Ce soir nous sommes a Sidi Ifni, si vous voulez regarder vos cartes. Nous avons quitté les zones touristiques. La chaleur et l'honneteté du sud se font sentir. J'ai soufflé mes bougies avec Jipé et je me suis offert ma première fringue africaine. ;-) Les moments ici sont bons, si bons. A la vôtre!

"Aujourd'hui j'ai 23 ans. Un an de plus, ca sonne toujours étrange. Ca sonne comme ca sonnait pour les personnes plus agés, les autres. Sauf que maintenant, "c'est mon tour".

Un anniversaire, c'est le moment où inévitablement, on regarde sa route.

Un an de plus, on se sent comme rattrapé par le temps. Il marque sa trace : un et un et un et un.

J'ai encore tant de choses a faire, tant d'envies! De voir le temps filé, le coeur se serre. Je prends une grande apnée, une grande respiration pour être sûr d'en avoir assez, du temps.

Mais, mais... Il faut l'accepter, ce temps. Un jour, il sonnera et tout sera finit. Et il sonne chaque fois un peu plus fort. J'espère bien pouvoir me consoler par une vie bien remplie. Je pleurerais cette injustice -comme le ressentais Camus- car cette vie est tout ce que j'ai. Mais j'espère bien que la joie de tous les bons moments sera là. La joie d'avoir eu la force de vivre mes rêves, je l'espère! J'éspère que j'aurais toujours la force, la joie, l'ivresse, le mouvement, l'étonnement. 

Et c'est tant mieux, car ils me collent à la peau mes rêves!

Aujourdh'ui la route se faufile aux pieds de montagnes rouges. La terre est aride, elle ne laisse place qu'à quelques arbustes et arganes. Eux seuls décorent les versants qui quelquefois, se confondraient presque avec des falaises. Au loin, nous apercevons des sommets enneigés. De quoi balayer toutes les certitudes. L'inconnu dévoile ses mystères, ses inattendus, ses insousponnables, et j'aime ca!

Je ne regrette rien et je ferais tout pour que cette aventure continue tant que j'en ai envie. Pour que mes yeux continue de dévorer ces nouveuaux contours, pour que mon nez flaire ces odeurs et ces ambiances, pour que mon ouie entende ces silences, ces frayeurs et ces musiques. Bref,  pour que mon corps vive et sente, pour que mes cinq sens m'excitent, m'étourdissent et me confirment que oui, rien ne vaut la beauté de la vie et la force de l'amour.

Tout est ici. Voilà mon cadeau" (pour vous)

J'ai pas souvent froid, de moins en moins avec le temps. Mais je vous jure que de lire des commentaires comme vous m'en avez laissé aujoud'hui, ca réchauffe drôlement!!! Je déborde de joie, qu'est-ce que c'est bon d'avoir des ami-e-s!!!

Pour des nouvelles un peu plus fraiches (où on est, ce genre de chose), je vous conseille d'aller faire un tour sur le blog de Jean-Pierre (un lien se trouve dans la colonne de droite). Il parait même qu'il y a des photos! De mon côté je prépare un mot sur nos derniers jours. Je vous embrasse FORT! Salam

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03 décembre 2007

Tanger

Portail du maghreb ouvert sur l'Espagne et son tourisme : "Hola, como estas? Espanol, Ingles, Français?" Meme les bambins connaissent ces mots. Ca fait drôle pour une fois, de se sentir blanc... De ne pas passer inarpercu, d'être le centre des regards.

Mais avant ca, la premiere chose qui me fait realiser que je suis bien au Maroc, c'est cette mobylette qui descend la rue à toute allure comme pour gagner chaque seconde. Amenagée et équipée de deux roues-avant et d'un caisson, elle porte toutes les cargaisons qui se présenteront et qui feront office de livraison, de travail. J'en avais vu de nombreuses fois en photo, mais celle-ci, elle pète et elle pue, c'est bien plus drôle.

Ici la vie est faite de commerce car le commerce fait la vie. Restaurant, bouiboui pour les plus chanceux. Vendeurs à la sauvette de cornets de cachuètes ou de patisseries. Vendeurs de cleenex pour femmes et enfants, cireurs de chaussures pour les hommes ou bien vendeurs de cigarette à l'unité. De quoi dire que l'on vend quelque chose et que l'on ne fait pas totalement l'aumone. La misère est connue de tous et celui qui a réussit a en échapper se prête au jeu, achète, rend ses chaussures un peu plus brillante, sorte de répartition sociale du tant bien que mal. Mais certain-e-s n'ont que leur main et leur yeux pour esperer avoir un peu d'argent.

Le quartier de la Medina est coloré par ses fruits, légumes et épices, mouvementé par sa foule et ses allers-retours. Il y a une énergie, une intensité. J'y sens une identité, une histoire. Les femmes, en contre-bas, étalent leur production a même le sol et c'est parfois, comme ce matin, avec un sourire chaleureux qu'elle me vendent le fruit de leur travail. On fixe le prix à l'aide de nos doigts et Sukran ! Les hommes eux, disposent de plus de structures : une petite charette, des corbeilles... Leurs produits sont aussi différents, ceux là ne viennent pas du jardin...  C'est le quartier que j'affectionne le plus, j'y passe la majorité de mon temps lorsque je ne joue pas de guitare sur la plage. Plus haut se trouve la Kasba, l'ancienne ville avec ses petites rues étroites et ses enfants qui s'y faufillent en jouant.

Le reste.... et bien le reste c'est une ville, avec de grandes routes droites, remplies de vieilles voitures européennes. Elles ont attéri ici parce qu'on en avait besoin. Elle continue a deverser leurs gaz noirs et odorants. Nous ne pouvons que contempler et accepter notre erreur, nous ne pourrons jamais empecher (trouver un alternative efficace et applicable a) ce que nous nous sommes permis et ce que nous nous permettons encore aveuglement. A ce que nous brandissons encore comme un modèle. Les taxis eux, sont plus ecolo-économiques, rentabilisés au maximum : on se sert à 4 à l'arrière. Autour ce sont de grands immeubles carrés qui servent d'habitations. Les avis des Tangerois sont partagés : "Il ya tout ce que l'on veut", "il n'y a pas assez de travail" (7 millions de chomeurs m'a dit un marocain), "il y en a pour qui veut" - surtout si l'on sait être souple et mobile car j'ai rencontré deux jeunes qui travaillaient pour une société espagnol qui construisait ou entretenait l'autoroute entre Tanger et Agadir, en ce moment il travaillait chaque jours à 300km d'ici. On peut gagner de 20 à 70 dirhams  (2 à 7 euros) par jour selon les travail. Le travail, véritable necessité qui conditionne l'existence. Ce qui m'inquiète c'est que hormis les enfants, je n'entends pas rire. Il n'y a pas de musiciens, pas de chants, un cinema qui n'a pas l'air très fréquenté...Je vois des Sysiphe porté des sacs de terre, de pierre ou des barres de fer à longueur de journée, parfois dimanche compris...

Les femmes sont majoritairement voilés. Celles qui ne le sont pas et trop coquettes, elles, jouent la sourde oreilles face aux réflexions constantes des hommes, ou bien font mine d'ignorer leur regard oppresant. Cela donne parfois lieu a des situations amusantes, comme cette femme voilés, mais maquillée, à talon, avec de belles lunettes de soleil et la mèche qui dépasse... Et il y a véritablement deux mondes : celui des femmes et celui des hommes. Rares sont les lieux ou les moments où je peux les voir ensemble... 

J'ai rencontré deux francais hier soir qui partait vers le Mali, eux aussi. Nous sommes ravis parce que nous pouvons faire un repas de patisserries marocaine pour à peine un euro, accompagné d'un thé a 35 centimes.  Je peux dormir en pension pour 5 euro. "Nous sommes nés du "bon" côté" pensons nous. L'inverse, est inimaginable... ou bien c'est un rêve, tellement compréhensible.

Demain matin, je retrouve Jean-Pierre au port et nous partons pour avaler les kilomètres, direction : le sud !

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30 novembre 2007

Mais avant tout

Merci pour vos commentaires, ca fait, très, plaisir!

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