26 mai 2008
Au Pays des bananes
Le trajet est un peu long. plus de 400 km dans la journée, c'est un rythme auquel je n'étais plus habitué. Et surtout, je traque la brousse à travers le paysage verdoyant, elle m'intrigue. Les arbres ne la laisse plus être distinguée, les habitations sont rares à observées. Comment les gens vivent ici? Comment sont-ils organisés socialement et sexuellement? Autant de questions dont je ne me sens pas non plus le courage d'aller chercher les réponses.
Atakpamé, de nombreuses vendeuses de fruits se trouvent à la gare et se jettent sur moi. Bananes, avocats, mangues et ananas trônent par montagnes, délicieuses, si parfumés. Depuis mon arrivée, je suis en cure... La nuit tombe lorsque je trouve enfin un hôtel abordable. Je sens l'appel de la ville, je me faufile dans un petit chemin. Les cultures de maïs, d'ignames et autres bananiers s'immiscent dans les jardins, bordures, entourent les habitations, prennent chaque espace possible. Toute la ville n'est pas ainsi, nous sommes dans les bas-fonds, Kéta, "là ou passe la rivière". Un rail datant de la colonisation allemande sert de chemin et emmène au centre ville. Là haut, les petites lumières des popottes éclairent les rues, inondé de coupé-décalécoupé-décalé par le maquis du coin.
Dans la nuit, un déluge digne de la saison des pluies éclate. Les gouttes se fracassent contre les tôles et le sol. Réveillé, j'ouvre ma porte pour admirer le spectacle : mes pieds en sont éclaboussés, l'entrée inondée!
Je déambule dans la ville, grimpe sur les collines qui l'entourent, danse sur les toits. Les togolais me saluent, "Bonne arrivée". Nombreux sont ceux qui veulent me connaître. Je me lie avec quelques uns. Quasiment tous sont chrétiens et abordent la question. Après les nombreuses discussions sur l'islam au Maroc, Sénégal et Mali, c'est au tour de la bible d'être débattue. "Dieu" s'impose facilement, manichéen, surtout lorsque la peur est brandit. Crois et tu seras sauvé, tu auras la vie éternelle, ou bien tu tomberas dans la perversion... Ce dimanche, leurs chants résonnent du matin au soir.
Je dois partir pour Lomé pour actualiser mon visa, heureux de cet avant-goût prometteur.
Commentaires
Bonjour Charlie,
est-ce que Guillaume partage encore votre route ou bien vos chemins se sont-ils séparés ?
merci de me répondre - A-M
salut
Bonjour Charlie,
Ramène-nous un bananier, c'est super ton aventure.
jp
Pour Anne-Marie
Bonjour Anne-MArie,
Aux dernières nouvelles, Guillaume est sur la route de Ouagadougou pour y faire son passeport pour le Niger. Il compte remonter lentement par là. De mon côté je vais remonter par la Mauritanie/Maroc à l'aide de bus et d'ici peu.
Je suis sur que tout ira bien pour lui!
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