Où-est-charlie?

Partir, au gré du vent, là où l'appel de quelques amis se fait sentir, porté par ceux restés. Partir, voir le monde, découvrir, sentir, chanter, rire, jouer, aimer, être seul parfois. Partir, souffler, ouvrir. Retrouver l'essentiel...

28 février 2008

Rencontre avec le Niger

La veille de notre départ pour le pays Dogons, nous rencontrons, au « siège » de l’antenne locale de l’association Cibara, Dianne. Québécoise, cette dernière embarque avec nous. Nous prenons la route le lundi après la visite d’un jardin de Bamako bordant le fleuve Niger et dont le propriétaire, conscient de son évacuation à moyen terme, est intéressé par le partage des terres de l’association.

 

Le 4x4 est rempli, complet, paré pour la route.

 

Le Niger traverse le Mali et y donne vraiment vie. Il décore de bleu et de vert cet univers de terre rouge, sèche et poussiéreuse, et d’herbes jaune, prêtes à s’enflammer. Il donne aux habitants eau et fraîcheur pour jardiner sur ses abords, mais aussi nourriture par ses nombreux poissons. Les piroguiers poussent leurs attelages grâce à de grandes canes. Cette vie, cette beauté est attirante… Nous visitons Ségou. Sur la route de Djénné nous campons au bord du fleuve, puis nous nous éloignons pour Douentza. Nous retrouvons Serge, Catherine et de nombreux amis de l’association villages Dogons pour la guina (fêtes regroupant les musiciens et chanteurs des cercles Dogons). Danses et masques sont au rendez-vous.

 

Hier, sur la route de Tombouctou, nous retrouvons le fleuve. En le traversant, nous ressentons le besoin de nous y tremper et ainsi nous rafraîchir de la chaleur, qui se fait de plus en plus sentir ici. En cherchant une crique isolée, nous rencontrons Ibrahim, qui accepte que nous campions dans sa plantation d’eucalyptus. Il laisse à des voisines la possibilité de jardiner dans les espaces non occupés par la plantation. Le résultat est un petit paradis, vert et frais. Rien ne laisse présager que nous sommes à

10 km

des « portes du désert »…

 

Tombouctou devrait surprendre nous dit-on, plus par son enclavement et son histoire que par l’imaginaire fantastique de cette merveille du monde. Et effectivement …

 

Sur le retour, au large du brouillard, apparaît l’ombre des falaises. Elles escalades, prennent appui, les unes au détriment des autres, semblent s’étirer, sauter vers le ciel pour y avaler les nuages et approcher les étoiles. Nous retrouvons Douentza.

 

Demain nous partons pour notre dernière excursion avant la dissolution du groupe Franco-Hispano-Québecois. Direction le cœur du pays Dogons puis chacun retrouvera sa route. Malgré les bons moments de notre collectif, l’idée de me retrouver de nouveau seul, face à l’inconnu, au gré des rencontres, voyageant en transport « public », ne me déplait pas. C’est ainsi que les pays se dévoilent…

Posté par ouestcharlie à 19:03 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Salut,

te lire m'a replongée dans un livre que j'avais bcp aimé : Ségou de Maryse Condé.. à l'occasion, lis-le..

Tu as raison, utiliser les transports comme tout le monde, c'est vraiment être dans un lieu, un pays, une région. J'ai toujours aimé prendre bus, cars, trains etc.. partout et sur de longs trajets.

Et les prendre seul oblige à la rencontre avec l'autre sans un regard occidental à ses côtés.

Bons transports donc

Bisous
Agnès

Posté par agnès, 02 mars 2008 à 16:17

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